toggle menu

Grauer Journal

rhumcaroni-jpg

Caroni, les dernières gouttes d'une histoire perdue

Alors que ce rhum aurait très bien pu rester dans l’anonymat le plus complet…Si en décembre 2004 Luca Gargano, PDG des établissements Velier, qui prépare un livre consacré aux rhums, ne s’était pas rendu sur l’île de Trinidad, pour visiter les deux distilleries qu’il croit toujours en activité:
Angostura et Caroni.

Devant cette dernière, il découvre une porte cadenassée, un site abandonné, où la végétation a repris ses droits, même le nom de la distillerie est à peine lisible sur la façade. 
« Un spectacle d’apocalypse », se souvient-il.

L’importateur d’alcools italien apprend la décision du gouvernement de fermer la sucrerie en 2003, faute de mélasse à distiller la rhumerie fermera dans les mois qui suivent. 

Le liquidateur, Jim Moore, lui fera visiter le chai, où il découvrira plusieurs centaines de fûts dont les plus anciens remontaient aux années 1970, cette découverte dépassée ses rêves les plus fous.

Le patron de Velier rachètera l’intégralité des stocks, entre 2005 et 2011, auprès de l’Etat de Trinidad et de la société Angostura, puis laissera vieillir ces fûts dans la région.

Il commercialisera 25 éditions spéciales pendant cette période, de quelques milliers de flacons en moyenne à quelques centaines pour les plus limitées.
La bouteille est reconnaissable entre toutes avec sa forme qui rappelle les flacons de scotch de la fin du XIXe siècle et, en guise d’étiquette, des prises de vues ou scènes vie de la région Antillaise en 2004.

Il aura fallu attendre la fermeture de la distillerie pour que les rhums Caroni soient enfin commercialisés sous leur propre nom. 
« Caroni produisait un alcool lourd, complexe, très puissantqui était vendu en vrac aux blenders pour les rhums de la British Navy, une petite quantité de Caroni suffisait à changer le profil aromatique de l’assemblage ! »
indique Luca Gargano.

C’est cette puissance, qu’il a souhaité magnifier avec des embouteillages « bruts de fût » autour de 62 degrés, ou légèrement réduits entre 50 et 55 degrés.
Caroni conserve ainsi ses caractéristiques si particulières:
dominé par le goudron et le pétrole au début, évoluant progressivement sur des notes d’épices, de vanille, de chocolat, de torréfaction et de fleurs.

Un profil aromatique inhabituel qui s’explique surtout par la conservation des fûts en climat tropical, les fortes chaleurs combinées à une humidité importante, changeraient totalement l’évolution pendant la période de vieillissement.

« Le vieillissement est accéléré aux Antilles », résume Luca Gargano.
La part des anges, liquide perdu en évaporation, atteint en moyenne 10 % par an, contre 1 à 2 % en Europe.

Un vieillissement de 12 ans aux Antilles correspond à un équivalent de 35 ans en Ecosse ! »
Comme pour certaines distilleries de Whisky en Ecosse, la distillerie Caroni a été détruite en 2005 et sa production ne reprendra jamais et les embouteillages actuels sont donc aussi les derniers.

Différentes cuvées disponibles, à partir de CHF 123.50.-

Connectez-vous sur votre compte en ligne pour réserver votre article
ou contactez-nous au +41 22 552 2799